Saturday, July 11, 2009

AFFAIRE SOCABANK/ Franck Ciné est blanchi

Photo: DE G. à D. Me Samuel Madistin, M. Franck Ciné, Me Gérad Gourgues et Me Lebon



Après 25 mois d’emprisonnement pour son implication présumée dans la faillite de la Société Caribéenne de Banque, le PDG de la Haitel a finalement recouvré sa liberté ce vendredi 10 juillet 2009, deux jours après que la Cour de Cassation de la République avait ordonné sa mise en liberté. Elle blanchit l’homme d’affaires dans la faillite de la banque précitée.
Les avocats du PDG de la HAITEL disent regretter que la justice haïtienne attende 25 mois pour innocenter leur client. Ils espèrent que ce dernier reprendra ses activités sous peu.


Nous proposons aux lecteurs des liens d'articles écrits au début de 2007 et un des miens retraçant les grands moments de cette affaire. Ils ont été publiés dans les colonnes du Matin en Haïti.

http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=5123

http://www.lematinhaiti.com/Article.asp?ID=4547


AFFAIRE SOCABANK / Fortuné persiste et signe: "La résolution du sénat a été monnayée"
Quelque cinq jours après que le Sénat eut voté la résolution annulant les décisions de la Banque de la République d’Haïti (BRH) relatives à l’insolvabilité de la Société caraïbéenne de banque S.A (Socabank), le sénateur du Sud, Jean Gabriel Fortuné (Fusion) persiste et signe : « des sénateurs qui ont voté cette résolution ont reçu des pots-de-vin en échange de leur vote ».
Cette résolution du Sénat de la République, contrairement aux propositions faites par la commission des Finances de la Chambre basse, préconise une solution négociée entre la BRH et la Socabank. De plus, elle exige que lumière soit faite sur les auteurs des malversations relevées dans la gestion de la Socabank et contre lesquels doivent être appliquées les sanctions prescrites par la loi. Après les accusations de Gabriel Fortuné, des sénateurs ont réclamé des preuves.
Une douzaine de pères conscrits ont pris part à une réunion tenue hier lundi au Parlement sous la direction du président Joseph Lambert. Le sénateur du Sud devrait apporter des documents prouvant qu’il y a eu versement de pots-de-vin. Mais, affirme Gabriel Fortuné, à cause de l’absence de certains des parlementaires impliqués dans cette affaire, rien n’est sorti de cette réunion de plus de quatre heures. « J’ai exercé mon droit de réserve », déclare le sénateur Fortuné qui dit disposer de suffisamment d’éléments pour soutenir ses accusations qui provoquent un véritable scandale au Sénat de la république.
Gabriel Fortuné affirme agir « dans le but de contribuer à la création d’un autre État, d’un autre pays ». « Je ne contribuerai à aucune forme de mafia », avertit-il. Dans le souci de trouver une issue à cette crise, le président du Sénat a proposé la tenue d’une rencontre entre les sénateurs Rudy Heriveaux (Lavalas) – absent à la rencontre d’hier – Jean Gabriel Fortuné et lui-même.
Le sénateur de Fusion a catégoriquement refusé, déclarant qu’il n’y a rien à négocier et que cette question doit être traitée avec la majorité des sénateurs et en séance publique.
Selon Gabriel Fortuné, l’homme d’affaires haïtien Franck Ciné, PDG de la compagnie de téléphonie mobile Haitel, aurait versé plus de US $ 200, 000 dollars américains à un groupe de sénateurs afin d’obtenir leurs votes en faveur de la dite résolution. Certains sénateurs auraient reçu $20,000 dollars américains alors que d’autres ayant également voté la résolution n’auraient reçu pas plus de US $ 2000 à 5000.
Le sénateur Fortuné révèle en outre qu’ « une autre somme a été réclamée par des sénateurs après le vote de la résolution. Mais, Franck Ciné, bien qu’il leur ait donné rendez-vous, est parti pour l’étranger ». Gabriel Fortuné sollicite par ailleurs « plus d’explications de la BRH sur les transactions frauduleuses commises par l’ancienne administration de la Socabank ».
Les parlementaires réagissent
Le premier sénateur de la Grand’Anse, Michel Clérié (Fusion) regrette que « les sénateurs ont voté si prématurément cette résolution. On pourrait en discuter davantage et attendre l’assemblée du 3 février prochain ». Le sénateur Evallière Beauplan prend le contre-pied de la déclaration du premier sénateur de la Grand’Anse. « La BRH n’est pas là pour accaparer les actions d’une autre banque. Le processus est discriminatoire. Donc, il est normal que les sénateurs votent en faveur de cette résolution présentée par la commission des Finances du Sénat », soutient- il.
Partisan de la résolution votée, le sénateur du Nord, Kelly Bastien (Lespwa) explique que « la BRH est à la fois juge et partie dans ce dossier. Après des discussions, elle s’est montrée prête à tout laisser tomber. La politisation du dossier a abouti au fait que l’Exécutif affiche une certaine partialité envers la BRH alors qu’il devait en être autrement».
D’autres partisans de la résolution estiment que « l’Exécutif aurait dû consulter le Parlement sur la question car les deux chambres avaient été saisies du dossier depuis quelques mois ». Certains d’entre eux menacent d’adopter des mesures de destitution à l’encontre de Gabriel Fortuné pour ses déclarations dites « gratuites et non fondées ». Menaces contre lesquelles le sénateur Fortuné réagit en prévenant : « Je lâcherai ».
Exécutif VS Législatif
De l’avis de plusieurs observateurs, « une crise se dessine entre l’Exécutif et le Parlement déjà éclaboussé » à l’heure où d’autres crises institutionnelles ne sont toujours pas résolues. Pour le sénateur Beauplan, « cette crise est en état latent. L’Exécutif n’agit pas directement ». Le ministre des Affaires étrangères, Raynald Clérismé, précise pour sa part que « l’Exécutif est en attente du rapport préliminaire des trois avocats mandatés dans le but d’assister et de représenter l’Etat haïtien dans les poursuites provoquées par l’état d’insolvabilité de la Socabank ».
Mais Gabriel Fortuné est clair : « La résolution constitue une réplique directe à l’arrêté présidentiel pris le 19 janvier dernier en appui à l’engagement des 3 avocats mandatés [par l'Exécutif]. C’est extrêmement grave que des membres de la 48e législature se soient engagés dans une entreprise de consolidation d’une véritable mafia financière en Haïti, contre de justes mesures de la BRH et de l’Etat haïtien visant la préservation et la sauvegarde de certains intérêts », a déploré Gabriel Fortuné, cité par Radio Kiskeya.
Les sénateurs impliqués dans le vote de la résolution souhaitent que celle-ci ait force de loi par sa publication, aux bons soins de l’Exécutif, dans le journal officiel de la République, Le Moniteur.

Friday, July 10, 2009

Et le spectacle continue !


Michael Jackson est mort (25 jiin 2009). Que n’a-t-on pas dit sur ce roi de la musique pop ? Ce «lutin androgyne » et « icône de notre angoissante modernité ». L’artiste qui a fait danser et chanter plusieurs générations a incarné la mondialisation de la culture intercommunautaire à l’américaine. Dès «Jackson Five » qui ont fait danser toute la planète avec des tubes comme « I’ll Be There » au « We are The World », chanson réalisée avec d’autres artistes et dédiée aux victimes de la faim en Éthiopie.

Le chanteur « adolescent » qui n’a jamais grandi charriait dans sa musique sans frontière une certaine idée du monde, une sensibilité à fleur de mots, terre d’élection de tous les extrêmes. J’ai vu un soir du 2 novembre, dans la fraîcheur tropicale des mornes de Kenscoff, un guédé réalisé le fameux pas à reculons, ce qui me laissa perplexe sur l’origine de cette influence.

Qui donc pouvait avoir imité l’autre ? Était-ce une connexion mystique ou simplement cathodique entre notre guédé et le jeune prodige américain. Michael Jackson était « l’évènement culturel » le plus médiatisé des temps modernes et à écouter chacune de ses chansons on refait quelque peu l’histoire des jeunesses du monde pendant un demi-siècle.
Sa vie ballottée entre les sommets et les abysses est un manège étourdissant qui fait tourner les têtes, fascine et révulse et donne raison à l’autre qui disait que la « beauté est une fleur du mal ». Entre ceux qui l’adulent et lui pardonnent tout et ceux qui dans leur certitude le vouent aux gémonies et souhaitent donc qu’il aille chanter en enfer. La vérité doit être quelque part, entre les deux et peut-être a-t-il déjà connu l’enfer, ce monstre sacré qui voulut rendre réel le petit monde de Peter Pan jusqu’à vouloir jouer « au docteur » avec des enfants dans son ranch mythique.
Michael, prince de la musique pop et victime glorieuse de la star system. Michael, « ange » et « démon » ou « extra-terrestre », est incontestablement une créature hybride qui est entré désormais dans l’éternité. Un machin façonné par un monde implacable et un père redoutable, « an american hero » à la vie controversée et qui emporte avec lui dans « son lieu de vérité » les clefs qui auraient permis de comprendre une existence pleine de mystères et surtout un homme désespérément seul dans la foule.
Celui qui fut « l’empereur du Vinyle » et qui a révolutionné le show-biz, a électrisé les jeunes du monde entier avant de devenir une sorte de Frankenstein dont la peau martyrisée reflétait ses souffrances mentales. « Un gamin génial broyé par la machine à fric » écrivit un lecteur du Monde. À l’annonce de sa mort, les machines à sous de tous les casinos du monde ont fait « jackpot » et l’industrie du spectacle se frotte les mains et se prépare à rejouer sur un autre registre son fameux tube vidéo du « mort vivant » ou son visage se métamorphose en celui d’un squelette.

« Yo déjà pran zonbi Michael » ! Mais sa musique et sa danse rappelant selon Martin Scorcese « le mercure en mouvement » ne s’arrêteront jamais.







Roody Edmé, Le Matin, 29 juin 2009

Bill Clinton/Haïti / Constat des lieux !


L’ancien président des Etats-Unis et actuel représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti, William Jefferson Clinton est dans nos murs depuis la soirée du lundi. Dans le cadre de sa mission dont le but n’est pas encore clairement défini selon certains commentateurs haïtiens, c’est la première visite officielle de M. Clinton dans son rôle d’envoyé spécial en Haïti.

Arrivé dans la soirée du lundi 6 juillet 2009 aux environs de 9 heures, il a été conduit dans le plus grand secret à son lieu de résidence pendant son séjour en Haïti. Nous savons cependant qu’il a rencontré le président Préval dans la soirée du lundi pour une réunion de travail.Cependant, l’itinéraire, les buts ou même la durée de la visite de Bill Clinton en Haïti tombent sous le sceau du secret d’État.
Aucune rencontre avec la presse n’est prévue lors de ce voyage. M. Clinton a visité Carrefour- Feuilles, Cité Soleil et la ville des Gonaives. Il a eu des séances de travail avec le Président Préval, Madame le Premier ministre, des membres du secteur privé, des représentants d’organisations internationales travaillant sur le terrain et des acteurs de la société civile.

C’est en hélicoptère que Bill Clinton et René Préval sont arrivé aux Gonaives mardi matin. Accompagné des ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur, des responsables de la Minustah, et des autorités locales, ils ont fait une visite des lieux pour constater des progrès effectués dans les travaux d’aménagement, suite aux intempéries de l’année dernière. Lors de cette visite aux Gonaïves ce mardi, le président René Préval a tenu à clarifier un point important « Bill Clinton est un grand ami d’Haïti, il ne vient pas pour gouverner mais plutôt pour jouer un rôle de coordonateur de l’aide à Haïti ». [Il] précise que M. Clinton ne va pas gérer cette aide.

[Le président Préval] a également démenti la rumeur qui prétend que l’ex-président Clinton voudrait avoir son bureau au Palais national. Bill Clinton, indique le président haïtien, aura son bureau à Washington. L’ancien ministre Lesly Voltaire est chargé de monter un bureau en Haïti pour faire la liaison avec le bureau de M. Clinton aux États-Unis, a-t-il ajouté.

Après les Gonaïves, Bill Clinton est rentré à Port-au-Prince. Il poursuit sa visite dans une usine de transformation de mangues à Cité Soleil. C’est ainsi que dans la journée du mardi, vers les trois heures, il a visité un projet de transformation de déchets en briquettes dans la zone de Carrefour-Feuilles. Mercredi, il a rencontré des hommes d’affaires haïtiens pour discuter des défis et opportunités que confronte ce secteur clé pour le développement du pays.

Cependant, les présidents des deux chambres, haute et basse, n’ont pas caché leurs frustrations face à l’atmosphère de secret d’État qui entoure le but de la visite de Monsieur Clinton en Haïti. S’exprimant sur les ondes de Radio Vision 2000, le président du Senat, le Docteur Kelly C. Bastien et celui de la Chambre des députés Monsieur Louis-Jeune Levaillant ont dénoncé le caractère trop "top secret" de la mission du représentant de Ban Ki Moon ainsi que son implication dans des dossiers importants pour l’avenir des haïtiens tel l’environnement.
Notons que lors de sa première visite avec le secrétaire général de l’ONU, Bill Clinton s’était fait accompagner par des personnalités ayant des connaissances et des liens d’affaires avec Haïti. Citons, le docteur Paul Farmer, un spécialiste du sida œuvrant en Haïti depuis de longues années, Dennis O’Brien de la Digicel ou Doug Baker, le PDG de Laureate Education. Le salaire officiel de Bill Clinton en tant que représentant de l’ONU en Haiti est d’un dollar symbolique. Parce que Bill Clinton est l’époux de l’actuel ministre des Affaires étrangères des États-Unis, les avocats du Département d’État ont du donner leur approbation légale à cette nomination.

En effet, la fondation caritative de Monsieur Clinton œuvre déjà en Haïti dans les secteurs de la santé, du Sida, de l’environnement et du développement économique. Il ne saurait y avoir des conflits d’intérêts entre les différentes activités privés des Clintons et la politique étrangère américaine.






Le Matin, mercredi 8 juillet 2009