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Monday, May 4, 2009

CRISE ALIMENTAIRE / « Haïti doit être une priorité pour les États-Unis », estime J. Jackson


Mardi 29 avril, 9 h 51 a.m. À la « salle des bustes » du Palais national, le révérend Jesse Jackson fait son entrée sous les applaudissements d’une délégation composée d’une vingtaine de membres, pour la plupart des Haïtiano-Américains. Le président Préval est absent à cette conférence de presse. Il est retenu par d’autres obligations qui seraient en relation avec le processus de ratification du choix du Premier ministre désigné Éricq Pierre.


« Trente mille tonnes de riz, quinze mille tonnes de blé et sept mille tonnes d’huile par mois», tels sont les besoins d’Haïti à court terme en matière alimentaire, selon le leader afro-américain. En visite en Haïti depuis dimanche, le révérend Jackson a estimé qu’ « aujourd’hui, Haïti doit être une priorité pour les États-Unis ». « À court terme, a-t-il poursuivi, il faut réinvestir dans les infrastructures, revitaliser la production agricole, réévaluer la subvention du riz … ».

« C’est une opportunité pour le peuple haïtien de dire aux États-Unis que vous avez besoin de plus de nourriture, de plus de médicaments, de plus d’emplois », a insisté Jesse Jackson. De retour aux États-Unis, le leader afro-américain et ses compagnons entreprendront des démarches auprès des leaders politiques, des congressmen et des religieux à Washington, Miami, Chicago en vue de permettre à Haïti de recevoir, à des conditions préférentielles, du riz, du blé et de l’huile de cuisine.

Le révérend afro-américain s’est plaint de la hausse du prix du sac de riz (60 dollars) produit aux États-Unis qui est hors de portée des Haïtiens, dont plus de 60 % vivent avec moins d’un dollar par jour. Il a dit souhaiter rencontrer des exportateurs américains de riz. Jessy Jackson a également appelé à l’élimination de la dette externe d’Haïti ainsi qu’à l’inclusion des sans-papiers haïtiens dans le cadre de la réforme de l’immigration américaine qui accorde le droit d’asile aux sans-papiers cubains une fois ces derniers arrivés sur le territoire américain.

Jesse Jackson n’a cessé de rappeler la participation héroïque, en 1776, de soldats haïtiens à la guerre de l’indépendance des États-Unis.

L’élimination de la dette

Insistant que l’Amérique a une «dette morale » envers Haïti et qu’elle doit intervenir dans la crise alimentaire que connaît ce pays, Jesse Jackson a soutenu que « les institutions financières internationales doivent aider à obtenir l’élimination de la dette externe. « Le montant du service de la dette, environ 70 millions de dollars l’an, a-t-il expliqué, sera consacré à des investissements dans le domaine des infrastructures, de l’agriculture, de la santé et de l’éducation au profit des plus pauvres ».

D’un autre côté, le révérend Jackson a exhorté le gouvernement américain et le Congrès à adopter la deuxième version de la loi d’opportunité hémisphérique à travers l’encouragement au partenariat (HOPE). « Une telle initiative, a-t-il fait remarquer, aiderait Haïti à créer des milliers d’emplois dans le secteur de la sous-traitance grâce à une exploitation, pendant plusieurs années, de l’exonération des droits de douane dont bénéficient, sur le marché américain, les produits textiles et pièces d’automobile fabriquées dans le pays ».

Dénonçant les dépenses militaires de l’administration Bush destinées à soutenir la guerre en Irak, le révérend a souligné qu’une bonne partie de ces fonds pourrait servir à aider au développement de pays pauvres comme Haïti. Au cours de sa visite de 72 heures, le révérend Jesse Jackson a rencontré le président Préval, des parlementaires, le père Gérard Jean-Juste et visité Cité Soleil, le plus grand bidonville du pays.

Jesse Louis Jackson Sr. ou Jesse Jackson est un révérend noir américain, né le 8 octobre 1941 à Greenville, dans l’État de Caroline du Sud, aux États-Unis. C’est un militant politique pour les droits civiques et notamment ceux des Noirs américains. Il a été candidat pour la nomination aux élections présidentielles de son pays, dans le Parti démocrate, en 1984, en 1988 et en 2004.

Il est le premier noir américain à remporter une primaire du parti démocrate. Il a créé deux organisations non lucratives People United to Serve Humanity (PUSH, «peuple uni pour servir l’humanité ») en 1971 et la Rainbow Coalition en 1984. Elles ont fusionné en 1996 sous le nom de Rainbow/PUSH. Ces dernières années, il a soutenu publiquement quelques personnalités afro-américaines confrontées à la Justice, comme par exemple, en 2005, le chanteur Michael Jackson pendant son procès ou encore le condamné à mort Stanley Williams.



Mercredi 30 avril 2008

COOPÉRATION / La France double son aide alimentaire à Haïti



« La France double son aide alimentaire à Haïti, mais s’impatiente de voir nommer un nouveau Premier ministre. De 2007 à 2008, l’aide alimentaire a plus que doublé mais, « cela ne veut pas dire que la France va faire deux fois plus », tempère le secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet.


« Après l’octroi d’un million d’euros, dont 800 000 en aide alimentaire le 10 avril dernier à Haïti, la France affecte 3 millions supplémentaires suite à la décision du président français, Nicolas Sarkozy, de doubler l’aide alimentaire aux pays pauvres », a informé Alain Joyandet secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie, hier mercredi, au Salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture.

Alain Joyandet n’a pas indiqué le montant alloué à Haïti par la Ve république dans le cadre du supplément d’aide alimentaire aux pays pauvres. Il a, cependant, précisé que la France va doubler son « volume d’interventions ». « On va faire plus, explique-t-il, mais pas deux fois plus, puisque les prix ont déjà considérablement augmenté ». Ces fonds ne seront pas remis au gouvernement haïtien. Ils transiteront par les partenaires internationaux de la France, des organisations internationales, dont le Programme alimentaire mondial (Pam) qui en gèreront la plus grande partie.

Alain Joyandet s’est réjoui de l’aide internationale accordée en Haïti, mais s’est dit choqué de voir les conditions difficiles dans lesquelles pataugent de nombreux « amis haïtiens ». « Ici (Haïti), il y a un travail colossal à faire », a-t-il estimé.

L’impatience de la communauté internationale

Alain Joyandet a survolé Haïti à bord d’un hélicoptère de la mission onusienne, mercredi matin, avant de rencontrer le président Préval au Palais national. Ce survol lui a causé un choc. Avec le chef de l’État, il a débattu des préoccupations de la communauté internationale quant à la nomination rapide d’un nouveau Premier ministre pour la stabilité politique du pays.

« J’ai rencontré le président Préval et j’ai indiqué que nous étions impatients que ce Premier ministre soit nommé pour la mise en place d’un nouveau gouvernement, pour que nous puissions avoir des interlocuteurs. La communauté internationale, si cela dure, craint qu’à cette crise alimentaire ne s’ajoute une crise politique », a souligné le secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie. La relance de l’agriculture vivrière a été également à l’ordre du jour. Il a proposé la tenue d’une réunion entre la France, le Canada et d’autres pays partenaires d’Haïti au sujet de cette relance.

Vers la production de 6 000 tonnes de riz par an

Pour le secrétaire d’État, la recapitalisation des petites exploitations agricoles est importante. Une partie des interventions financières de la France peut être envisagée pour y arriver. Alain Joyandet a révélé que la coopération française a commencé à travailler sur un projet de 800 000 euros qui génèrera environ 5 000 emplois. Ce projet vise l’exploitation de 700 hectares dans le département du Sud (non loin de Saint-Louis du Sud), la réalisation d’un canal de 4 kilomètres et la production de 6 000 tonnes de riz par an.

« Du côté d’Haïti, il faut un gouvernement qui s’approprie ces projets. Nous l’aiderons à monter l’ensemble des procédures et des interventions techniques », a-t-il rassuré. Durant son séjour de 48 heures à Port-au-Prince, le secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie a visité des cantines pour écoliers et des projets financés par la coopération française en Haïti. Outre le président Préval, il a rencontré des dirigeants de partis politiques.


Jeudi 24 avril 2008